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	<title>REPTA - Espace débats</title>
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	<description>Réseau éducation pour tous en Afrique</description>
	<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 09:49:15 +0000</pubDate>
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		<title>Une avancée pédagogique extraordinaire&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 08:39:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>redacteur</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Tableaux interactifs]]></category>

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		<description><![CDATA[
(Voir la description complète en pdf)
Le Tableau Interactif : une avancée pédagogique extraordinaire pour les pays avancés comme pour l&#8217;Afrique.
Pour ceux qui ne savent pas ce qu&#8217;est un « tableau blanc interactif » je les renvoie à l&#8217;article de Wikipédia :

fr.wikipedia.org/wiki/Tableau_blanc_interactif
à celui du CRDP de l&#8217;Académie de Montpellier :
www.crdp-montpellier.fr/cd48/tbi/index.htm
ou à celui du CRDP de Lyon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-6 aligncenter" title="tableau_interactif" src="http://repta.net/debats/wp-content/uploads/2008/06/tableau_interactif.jpg" alt="présentation du tableau interactif" width="475" height="458" /></p>
<p style="text-align: center;">(<a title="Descritpion Tableau interactif" href="http://www.repta.net/repta/telechargements/Tableau_Interactif.pdf" target="_blank">Voir la description complète en pdf</a>)</p>
<h3>Le Tableau Interactif : une avancée pédagogique extraordinaire pour les pays avancés comme pour l&#8217;Afrique.</h3>
<p>Pour ceux qui ne savent pas ce qu&#8217;est un « tableau blanc interactif » je les renvoie à l&#8217;article de Wikipédia :</p>
<ul>
<li><a title="TBI Wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tableau_blanc_interactif" target="_blank">fr.wikipedia.org/wiki/Tableau_blanc_interactif</a></li>
<li>à celui du CRDP de l&#8217;Académie de Montpellier :<br />
<a title="TBI CRDP" href="http://www.crdp-montpellier.fr/cd48/tbi/index.htm">www.crdp-montpellier.fr/cd48/tbi/index.htm</a></li>
<li>ou à celui du CRDP de Lyon :<br />
<a title="TBI CRDP Lyon" href="http://www.crdp.ac-lyon.fr/b/b1/b14/usages/tableauinteractif.pdf">www.crdp.ac-lyon.fr/b/b1/b14/usages/tableauinteractif.pdf</a></li>
</ul>
<p>Les critiques que j&#8217;ai entendues ou lues peuvent se résumer aux propos suivants : pourquoi « imposer » à l&#8217;Afrique cette technologie inventée au Nord ? Quels contenus seront utilisés ? encore et toujours des contenus du Nord, ? est ce que cela correspond à une demande de l&#8217;Afrique ? Avec 120 élèves par classe quelle est l&#8217;utilité du TBI ? Ne vaut-il pas mieux investir dans la formation des maîtres ?<br />
Enfin la question du coût de ce matériel, et peut on l&#8217;utiliser sans électricité et sans internet ?</p>
<p>Répondons aux deux dernières questions. S&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;électricité on peut en produire. L&#8217;ordinateur et le tableau peuvent très bien fonctionner avec du solaire. Hélas pour quelques temps encore, mais cela va aller très vite, le projecteur nécessite une autre source que le solaire, là où il n&#8217;y a pas d&#8217;électricité il faudra un petit groupe électrogène.<br />
Mais d&#8217;ici peu il y aura des projecteurs LED qui seront assez puissants pour être utilisés avec le tableau interactif et eux fonctionnent avec de l&#8217;énergie solaire.</p>
<p>Nous pensons équiper les ordinateurs nécessaires pour faire fonctionner le TBI &#8216;d&#8217;un disque dur de 500 Giga voir du double et avoir ainsi sinon toutes les ressources du moins une énorme quantité de ressources à disposition, sans que nous ayons recours à internet.</p>
<p>Venons en de suite à la question de l&#8217;origine des ressources&#8230;Nous sommes en train de mobiliser tous nos amis linguistes et praticiens africains de l&#8217;alphabétisation en langues nationales pour mettre sur le disque dur les nombreux documents qui existent déjà, car dans toutes les structures que le REPTA met en place on apprend à lire et écrire dans sa langue maternelle. Par ailleurs nous rassemblons ici au nord tout ce qui existe et qui concerne l&#8217;Afrique. Nous sommes en relation avec TV5 monde comme avec le musée Dapper, pour qu&#8217;ils nous permettent de montrer les trésors qu&#8217;ils possèdent.<br />
Nous avons déjà trouvé des petits dessins animés qui illustrent des contes africains dit en wolof, bambara et autres langues africaines.<br />
Enfin pour ce qui concerne le calcul arithmétique ou algébrique, la géométrie, les sciences de la vie, comme les sciences de la terre, je ne pense pas qu&#8217;on puissse opposer dans ces domaines une culture du nord à une culture du sud.<br />
Enfin nous graverons sur ces disques dur une grande partie de la riche filmographie des cinéastes  africains. Mes amis Idrissa Ouedraogo et Gaston Kabore cinéastes burkinabés sont heureux de savoir que leurs films seront vus par des milliers de jeunes.</p>
<p>Oui le TBI est une solution pour une école où le manque de documents de toutes sortes est flagrant.<br />
Des cartes géographiques, des photos de l&#8217;Afrique mais aussi du monde entier seraient à la disposition des élèves du villages le plus isolé.</p>
<p>Dans <a title="Article LaCroix" href="http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2356620&amp;rubId=1094" target="_blank">un interview publié par le journal « la Croix » le 21 novembre novembre 2008 nous avons pu lire</a> : « Pourquoi se lancer là-dedans alors que l’éducation primaire n’a pas encore touché toutes les zones ? », reconnaît Ahlin Byll Cataria, le secrétaire exécutif de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (Adea). Pour lui, les principaux manques sur ce continent tiennent à la mauvaise formation des enseignants, surtout dans les zones rurales, et au trop grand nombre d’élèves par classe. Ce sont ces points noirs qu’il faudrait éradiquer en priorité.« Comment peut-on imaginer utiliser un tableau blanc interactif avec une classe de 120 élèves ? » s’interroge AhlinByll Cataria. Lui préfère suivre les travaux qui s’efforcent de développer et de mettre en réseau des contenus pédagogiques solides et adaptés aux réalités africaines.</p>
<p>Personne ne contestera qu&#8217;enseigner dans une classe de 120 élèves  est une gageure. Nous n&#8217;entrerons pas ici dans toute la réflexion de pédagogues africains sur la pédagogies de grands groupes. Je voudrais simplement dire que sur un tableau interactif on peut écrire en très gros, de sorte qu&#8217;un élève placé au dernier rang puisse le lire , car on peut écrire une ou deux phrases par pages affichées, le texte apparaissant petit à petit, comme dans un livre, dont le texte serait écrit en très gros et dont on tournerait les pages.</p>
<p>Un mot encore sur la formation des maîtres. Personne ne contestera non plus qu&#8217;il faille faire un gros effort dans ce domaine, mais là encore le tableau peut jouer un rôle. Les meilleurs pédagogues d&#8217;Afrique, pourraient préparer  les plus belles séquences pédagogiques en calcul en histoire en sciences, toutes ces séquences seraient enregistrées sur le disque dur. Et ensuite le maître après l&#8217;avoir visionné plusieurs fois la passerait en classe. On peut mettre sur le disque dur pour chaque leçon des conseils pour le maître. Toute son attention serait concentrée sur les élèves et non plus sur ce qu&#8217;il a à dire.</p>
<p>Mais il est important que les enseignants, les éducateurs qui se servent du TBI deviennent très rapidement eux et leurs élèves des producteurs de documents.. C&#8217;est pourquoi nous livrerons nos tableaux non seulement avec ordinateur, projecteur et disque dur externe, mais aussi avec un petit appareil photo numérique. Ainsi chacun pourra très vite faire un document du type « mon village » « mon quartier » et faire des commentaires sur les photos prises en langue nationale comme plus tard en français. Il pourra aussi faire un livre sur la faune et la flore de son lieu.<br />
Ce travail fait par l&#8217;enseignant et ses élèves pourra être montré aux parents. Le tableau pourra aussi servir à des projections pour les adultes, cet outil sera au service de tout le village.</p>
<p>Reste la seule vraie question « le coût » de cet outil pédagogique. Il existe aujourd&#8217;hui des tableaux à tous les prix, mais tous on besoin d&#8217;un ordinateur et d&#8217;un projecteur. Les prix des ordinateurs portables ont été divisés par ou cinq ces dernières années. Il en sera de même pour les projecteurs. Dans quelques années l&#8217;équipement complet nécessaire sera à moins de 1000€. Je rappelle que la construction d&#8217;une classe en Afrique est évaluée à 8000€ soit 5.000.000 de CFA. Baisser le coût d&#8217;une classe à 4.000€ permettrait de l&#8217;équiper d&#8217;un tableau interactif.<br />
Mais si cet outil est vraiment un bon outil pédagogique comme je le crois, et s&#8217;il y a une demande réelle des autorités comme des enseignants, alors croyez moi les prix vont baisser très rapidement.<br />
Comme le téléphone portable qui aujourd&#8217;hui est arrivé dans les villages les plus isolés, demain internet par satellite et non par câble ou téléphone arrivera aussi dans les villages et là les fonctions du tableau seront encore plus extraordinaires.<br />
Il ne s&#8217;agit donc nullement d&#8217;imposer cet outil, mais de le proposer et de l&#8217;expérimenter.</p>
<p>En conclusion je ne comprends pas bien ces accusations de néocolonialisme, que certains ont avancé, sous prétexte que le TBI ne sort pas en droite ligne de la culture traditionnelle africaine, je ne comprends pas non plus ceux qui nous reprochent de faire la promotion de cet outil, nous accusant de devenir les représentants de commerce des fabricants de TBI.<br />
L&#8217;énergie solaire n&#8217;est pas née en Afrique et la promouvoir fait aussi vendre des panneaux et fructifier des entreprises, faut-il y renoncer ?<br />
Les antibiotiques, les antiviraux, les vaccins n&#8217;ont pas non plus été produit par la culture africaine, faut-il y renoncer sous prétexte qu&#8217;ils enrichissent les grands consortium pharmaceutiques ?<br />
Un produit est utile ou non, si on le juge utile qu&#8217;importe son lieu de naissance, il faut faire en sorte que personne n&#8217;en soit privé.<br />
Les avantages et les inconvénients de cet outil ne pourront être constatés qu&#8217;à l&#8217;usage. Cependant il faut expérimenter avant de se lancer dans une vaste opération de diffusion.</p>
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		<title>Au coeur de la fracture numérique</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jun 2008 09:54:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Tableaux interactifs]]></category>

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		<description><![CDATA[Article du Journal LE MONDE &#124; 03.06.08 &#124;
Ouagadougou, envoyé spécial
A Zorgho, au Burkina Faso, les habitants ont bien failli être privés d&#8217;Internet. Un caïcedra, de la famille des acajous, dressait sa haute silhouette face à l&#8217;antenne parabolique qui capte le signal satellite. Finalement, l&#8217;arbre, qui parasitait la réception, a été abattu. Mais il en a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Article du Journal LE MONDE | 03.06.08 |</strong></p>
<p>Ouagadougou, envoyé spécial<br />
A Zorgho, au Burkina Faso, les habitants ont bien failli être privés d&#8217;Internet. Un caïcedra, de la famille des acajous, dressait sa haute silhouette face à l&#8217;antenne parabolique qui capte le signal satellite. Finalement, l&#8217;arbre, qui parasitait la réception, a été abattu. Mais il en a fallu des palabres !, raconte Apollinaire Ouédraogo, le coordinateur de l&#8217;association African solidarité, un cybercentre communautaire installé à l&#8217;est d&#8217;Ouagadougou, la capitale de ce petit Etat d&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest.<br />
Au coeur du Sahel misérable et fataliste - chaleur étouffante, nuages de poussière ocre, ciel laiteux -, Apollinaire Ouédraogo n&#8217;est pas homme à baisser les bras. Sans quoi le caïcedra serait toujours là. Il a dû parlementer avec les &#8220;prêtres&#8221; animistes qui, depuis toujours, se livrent à des sacrifices rituels sur le terrain, jouxtant celui de l&#8217;association, où l&#8217;arbre s&#8217;élevait. Puis avec la municipalité, propriétaire du terrain.<br />
Modernité numérique et tradition animiste font bon ménage, depuis, à Zorgho, tandis qu&#8217;au Burkina Faso l&#8217;usage d&#8217;Internet progresse. Pas autant que le souhaitent et le disent les autorités locales. Pas aussi vite que l&#8217;espéraient les chefs d&#8217;Etat réunis à Genève (2003) puis à Tunis (2005) pour le Sommet mondial sur la société de l&#8217;information. Pas aussi facilement que le prédisent les prophètes du numérique. Dans ce pays, l&#8217;un des plus pauvres du monde (seuls trois le sont davantage), personne n&#8217;a entendu parler de leur fameux projet d&#8217;&#8221;ordinateur à 100 dollars&#8221;, promis aux enfants du tiers-monde par Nicholas Negroponte, le gourou du Media Lab (Massachusetts Institute of Technology).<br />
Tant de déclarations officielles, d&#8217;envolées de tribune et d&#8217;utopie technologique justifiaient d&#8217;aller vérifier sur place la réalité de cette &#8220;fracture numérique&#8221;. Aujourd&#8217;hui, 80 % des habitants de la planète sont exclus des réseaux d&#8217;information mondiaux. Moins de 4 % des Africains sont connectés au Web, la plupart au Maghreb et en Afrique du Sud. Et 0,5 % des Burkinabés seulement utilisent Internet.<br />
Combattre cet &#8220;analphabétisme numérique&#8221; est un impératif. Un pour cent d&#8217;internautes en plus dans un pays pauvre, disent les spécialistes, c&#8217;est 1 % de croissance supplémentaire. L&#8217;équation n&#8217;a sans doute pas la rigueur d&#8217;une formule mathématique, mais elle traduit une réalité observable sur le terrain : l&#8217;accès aux technologies de l&#8217;information et de la communication est un puissant levier de développement. A fortiori dans un pays rural à 80 %.<br />
A Zorgho, sous le toit en taule de l&#8217;association African solidarité, des femmes serrées dans des pagnes multicolores, le visage perdu, attendent d&#8217;être reçues par un infirmier ou par une assistante sociale. Toutes sont porteuses du virus du sida ou sont atteintes par la maladie. Comme à Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Ouahigouya ou Banfora, ce centre de télémédecine est leur unique accès aux soins.<br />
L&#8217;antenne parabolique, que couve du regard Apollinaire Ouédraogo, relie ce modeste poste de santé au reste du monde. Visioconférence avec les médecins de l&#8217;hôpital universitaire de Genève, diagnostic à distance, suivi des malades, e-formation du personnel local, dépistage, prévention&#8230; Dans un pays qui compte 6 médecins pour 100 000 habitants, l&#8217;accès aux banques de données du monde développé, à leurs praticiens surtout, est une question de vie ou de mort.<br />
Cette antenne parabolique est comme une assurance-vie pour les habitants de Zorgho. Comme un totem. Elle les rassure. Ils se sentent moins seuls, moins isolés du reste du monde, dont ils ne perçoivent, à leur grand désespoir, que l&#8217;écho assourdi.<br />
Cette antenne satellitaire arrose, grâce à une liaison sans fil Wi-Fi, un cybercafé proche du centre de télémédecine. Enfants rieurs le nez collé à l&#8217;écran, commerçants affairés, élèves préparant un exposé, fonctionnaires consultant le site de leur administration&#8230; A Zorgho et ailleurs, les cybercafés font aujourd&#8217;hui partie du paysage. Le Burkina en compterait une centaine.<br />
Dans ce pays analphabète à 70 %, où le papier manque, où les bibliothèques dignes de ce nom sont rares, où 7 % des familles seulement ont la télévision, Internet est une source jaillissante d&#8217;images, de textes et de sons, à laquelle les déshérités du savoir, les frustrés du réseau planétaire, viennent étancher leur soif.<br />
Sans le Fonds mondial de solidarité numérique, cette source n&#8217;aurait pas jailli. C&#8217;est lui qui finance l&#8217;accès au Web de l&#8217;association African solidarité de Zorgho et de cinq autres associations au Burkina Faso, centrées sur la santé et l&#8217;éducation.<br />
Fondation de droit suisse, le Fonds de solidarité numérique est né en 2005 à l&#8217;initiative du président sénégalais Abdoulaye Wade, dans le sillage du sommet de Genève sur la société de l&#8217;information. Il mène un combat inlassable pour imposer une idée a priori utopique, dont on mesure l&#8217;utilité au Burkina Faso. Obtenir de toute entreprise publique ou privée achetant du matériel informatique que son fournisseur verse 1 % du montant de la commande au Fonds de solidarité numérique pour lui permettre de financer ses projets à Zorgho et ailleurs.<br />
Les promoteurs de ce &#8220;1 % numérique&#8221; ne sont pas les seuls à favoriser l&#8217;usage d&#8217;Internet au Burkina Faso. Le ministère français des affaires étrangères lui aussi s&#8217;en préoccupe. Il a fait de l&#8217;ex-Haute-Volta la vitrine de son projet d&#8217;appui au désenclavement numérique, dit projet Aden. La France finance à ce titre 16 centres de consultation d&#8217;Internet dans ce pays enclavé s&#8217;il en est. Privé d&#8217;accès à la mer, le Burkina Faso cherche à moins dépendre des pays limitrophes : le Ghana, la Côte d&#8217;Ivoire, le Mali, le Niger, le Bénin et le Togo.<br />
L&#8217;Agence universitaire de la francophonie joue, comme d&#8217;autres, la même partition. Son responsable à Bobo Dioulasso, Jean-Baptiste Millogo, raconte comment un étudiant de la ville a soutenu à distance un mémoire de master deuxième année, face au jury d&#8217;une université française, grâce à un système de téléconférence. Deux professeurs au siège de la fac à Nice, le troisième au Maroc. Et l&#8217;étudiant, à Bobo, dans ses petits souliers&#8230; Sans Internet, il serait venu faire ses études en France. Ce n&#8217;est pas forcément ce que cherchent les autorités françaises.</p>
<p>Au Burkina Faso, où la moitié de la population vit avec moins de 1 dollar par jour, croire à Internet est un acte de foi. Joachim Tankoano, ministre des technologies de l&#8217;information et de la communication, l&#8217;a, cette foi dans l&#8217;avenir. Dans son bureau réfrigéré d&#8217;Ouagadougou, à deux pas de l&#8217;ex-palais présidentiel - où le &#8220;père&#8221; du Burkina Faso, Thomas Sankara, passa ses dernières heures avant d&#8217;être assassiné par des proches du président actuel, Blaise Compaoré -, le ministre montre, satisfait, une carte du &#8220;pays des hommes intègres&#8221;, le nom donné à l&#8217;ancienne Haute-Volta par le &#8220;Che Guevara africain&#8221;.</p>
<p>Son index suit l&#8217;épine dorsale d&#8217;un réseau haut débit qui innervera bientôt les 45 provinces du pays. &#8220;D&#8217;ici deux ans&#8221;, affirme-t-il. La gaine entourant ce backbone apportera aussi - c&#8217;est promis - l&#8217;électricité aux régions où elle n&#8217;arrive pas encore. L&#8217;ADSL et l&#8217;ampoule électrique d&#8217;un seul coup. Le XIXe siècle et le XXIe d&#8217;un même élan. Les Burkinabés des campagnes ne demandent qu&#8217;à y croire. Ceux des villes sont déjà 7 000 à utiliser le haut débit.<br />
Après la chute du capitaine Sankara, à 37 ans, en 1987, le pays s&#8217;est plié aux exigences du FMI. Il s&#8217;est libéralisé. L&#8217;Etat a cédé en 2006 51 % de l&#8217;opérateur historique burkinabé, l&#8217;Onatel, à Maroc Telecom, une filiale de Vivendi. C&#8217;est le produit de cette vente qui financera l&#8217;ambitieux projet du ministre.<br />
Pour le téléphone cellulaire, un grand pas a déjà été franchi. On le capte à peu près partout, 86 % du pays est couvert. Un million trois cent mille Burkinabés sur une population de 14 millions l&#8217;utilisent. Un appareil de marque ZTE made in China coûte 19 euros. C&#8217;est l&#8217;un des moins chers. On recharge son &#8220;portable&#8221; en achetant des cartes de couleurs vives aux petits vendeurs de rue. Une carte de la marque Le Jus ou Nana (nana veut dire &#8220;c&#8217;est facile&#8221; en moré).<br />
La jeunesse des villes, comme partout dans le monde, est accro à son portable, quitte à se ruiner. Le petit commerçant et le cultivateur qui crie famine savent combien il rend service dans un pays où l&#8217;on peut attendre des heures avant de joindre un client ou la coopérative avec un fixe.<br />
Les publicités aguichantes des trois opérateurs de téléphonie mobile, qui couvrent les abords des villes, donnent parfois l&#8217;impression que le Burkina Faso est sorti de l&#8217;ornière numérique. Ce n&#8217;est qu&#8217;une impression. L&#8217;électricité y est rare et coûteuse. Les journaux annoncent périodiquement des coupures de courant, dues aux fortes chaleurs, qui accroissent la demande et mettent à mal les groupes thermiques. Quand l&#8217;électricité revient, elle provoque des ruptures de charge qui peuvent tuer les ordinateurs. Pour y remédier, il faut les équiper d&#8217;onduleurs ad hoc. Eux aussi sont hors de prix.<br />
Le coût de la bande passante Internet, véhiculée par le câble ou le satellite, reste de toute façon prohibitif. Le Fonds de solidarité numérique et le Quai d&#8217;Orsay vont ou ont déjà cessé de financer certains projets, faute d&#8217;argent. Faute aussi, pour les associations bénéficiaires, d&#8217;avoir pu ou su prendre le relais. Dans le secteur du numérique comme dans d&#8217;autres, le &#8220;pays des hommes intègres&#8221; reste sous perfusion.<br />
<em><strong> Bertrand Le Gendre</strong></em></p>
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		<title>Premier débat</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jun 2008 07:50:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Collectivités territoriales]]></category>

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		<description><![CDATA[Premier débat sur les collectivités territoriales et le REPTA
Dans l’ordre du jour que nous avions publié, nous avions formulé ainsi le débat de l’après midi : «  de 14h à 16h30 nous aurons une séance de réflexion ouverte aux non membres qui seraient intéressés par nos activités. On pourrait inviter des collectivités territoriales pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Premier débat sur les collectivités territoriales et le REPTA</h3>
<p>Dans l’ordre du jour que nous avions publié, nous avions formulé ainsi le débat de l’après midi : «  de 14h à 16h30 nous aurons une séance de réflexion ouverte aux non membres qui seraient intéressés par nos activités. On pourrait inviter des collectivités territoriales pour discuter de l&#8217;intérêt pour une collectivité de faire partie du REPTA.</p>
<ul>
<li>a) Celles qui en font déjà partie feraient part de leur expérience.</li>
<li>b) En 2008 le REPTA aimerait ouvrir un chantier à Madagascar comment mutualiser dans notre domaine des exclus de l&#8217;éducation ce que pourraient faire plusieurs régions, départements et villes françaises dans ce pays.</li>
<li>c) La décentralisation touche la majorité des pays d’Afrique. L’école et la formation sont de la responsabilité des collectivités. L’une des tâches des collectivités territoriales françaises c’est de participer à la formation des élus des collectivités africaines. Ne pourrait-on imaginer de travailler en synergie dans ce domaine au sein du REPTA ? »</li>
</ul>
<p>Comme peu de collectivités territoriales étaient présentes, et tout particulièrement celles qui interviennent  à Madagascar nous avons renoncé à ce débat. Nous avons décidé à l’assemblée générale de constituer un groupe de réflexion pour que ce débat puisse avoir lieu.<br />
Voici donc en commentaires ci-dessous, les réflexions faites à l’assemblée générale par Pierre Yves Lechat représentant la région Bretagne et Dominique Guilmin représentante du département des Côtes d’Armor.</p>
<p>A vous de continuer le débat en laissant un commentaire&#8230;</p>
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